Héritage, donation : que faire d’une somme importante sans se précipiter ?

Un virage patrimonial inédit : l’argent change de génération

Depuis quelques mois, je reçois de plus en plus d’appels qui se ressemblent. Un parent est parti, ou a souhaité transmettre de son vivant, et vous vous retrouvez avec une somme sur votre compte. Plusieurs dizaines, voir centaines de milliers d’euros.

Et vous ne savez pas quoi en faire.

Ce n’est pas un hasard si ces situations se multiplient. Selon la Chambre des notaires de Paris, la génération des baby-boomers devrait transmettre environ 9 000 milliards d’euros entre 2025 et 2040, en héritage ou en donation. Cette richesse change de main, année après année, au rythme des successions et des donations.

👉 Si vous vivez cette situation, sachez une chose : il n’y a pas d’urgence à agir, mais il y a une vraie urgence à réfléchir. Ce n’est pas la même chose.

1. La première question n’est pas « où placer », mais « pour quoi faire »

C’est l’erreur la plus fréquente que je vois : chercher tout de suite le placement le plus rentable, avant même de savoir ce que cette somme doit servir.

Avant de parler de supports, je prends toujours le temps, avec mes clients, de clarifier ce qu’ils ont réellement envie de faire de cet argent. Les réponses sont presque toujours différentes :

  • Améliorer le quotidien, souffler un peu financièrement
  • Se constituer un revenu complémentaire, pour plus tard ou dès maintenant
  • Acquérir un bien immobilier, pour y vivre ou pour louer
  • Aider ses enfants ou petits-enfants
  • Préparer, déjà, la transmission de ce capital

👉 C’est cet objectif qui détermine le bon support, pas l’inverse.

2. Garder une partie disponible : les livrets bancaires

Avant toute stratégie, je recommande toujours de garder une épargne de précaution disponible à tout moment, sur un support sans risque.

  • Livret A : taux de 1,70 %, plafond de versements de 22 950 €
  • LDDS : taux de 1,70 %, plafond de versements de 12 000 €

Ces taux évoluent régulièrement selon les décisions de la Banque de France : je vous donne toujours le taux en vigueur au moment de notre échange.

👉 Ca ne bas pas l’inflation certes mais c’est toujours important de conserver un matelas. Au-delà de ces plafonds, et pour le reste de la somme, d’autres supports sont nécessaires.

3. Faire fructifier avec une fiscalité douce : l’assurance vie

C’est souvent le premier outil que j’étudie avec mes clients dans cette situation, pour une raison simple : sa souplesse.

Vous pouvez investir sur des supports sécurisés (fonds en euros) ou plus dynamiques (unités de compte), retirer votre argent à tout moment, et après 8 ans de contrat, profiter d’un abattement annuel sur les gains retirés de 4 600 € (9 200 € pour un couple).

C’est aussi un outil de transmission très efficace : les capitaux versés avant 70 ans bénéficient d’un abattement de 152 500 € par bénéficiaire, hors succession.

👉 C’est un support que l’on peut utiliser aussi bien pour sécuriser une partie du capital que pour commencer à préparer sa propre transmission.

4. Réduire ses impôts et préparer sa retraite : le PER

Si vous êtes encore en activité et fiscalisé, le Plan Épargne Retraite peut être pertinent : les versements volontaires sont déductibles de votre revenu imposable, dans la limite de 10 % de vos revenus professionnels (jusqu’à 37 680 € en 2026), ou 4 710 € si ce montant est plus avantageux pour vous.

Attention cependant : l’argent est en principe bloqué jusqu’à la retraite (sauf cas de déblocage anticipé, dont l’achat de la résidence principale), et depuis le 1er janvier 2026, les versements effectués après 70 ans ne sont plus déductibles.

👉 Le PER est un très bon outil, mais seulement pour une partie de la somme, et seulement si votre situation fiscale le justifie.

5. Investir dans la pierre sans les contraintes : les SCPI

Beaucoup de mes clients, une fois cette somme en main, pensent naturellement à l’immobilier. C’est une envie légitime, mais acheter un bien en direct implique gestion locative, travaux, vacance locative.

Les SCPI permettent d’investir dans l’immobilier professionnel ou résidentiel, en mutualisant le risque sur de nombreux biens, sans gérer ni locataire ni travaux. Le taux de distribution moyen du marché s’est établi à 4,91 % en 2025, contre 4,72 % en 2024, selon l’ASPIM. Mais en choisissant de bonnes SCPI, il est facile d’obtenir des rendements d’environ 6%.

Selon votre objectif, on peut aussi étudier un achat en démembrement (nue-propriété), particulièrement intéressant si vous n’avez pas besoin de revenus immédiats.

👉 Ces chiffres varient fortement d’une SCPI à l’autre : le choix du véhicule compte au moins autant que le principe d’investir.

6. Et si, un jour, c’était vous qui transmettiez ?

Recevoir un capital important est aussi souvent l’occasion de penser à sa propre transmission, vers ses enfants notamment.

En ligne directe (parent/enfant), chaque enfant bénéficie d’un abattement de 100 000 € par parent, renouvelable tous les 15 ans. Au-delà, un barème progressif s’applique, de 5 % jusqu’à 20 % pour la plus grande partie des successions, puis jusqu’à 45 % pour les patrimoines les plus importants.

Un dispositif temporaire permet aussi, sous conditions, de donner jusqu’à 100 000 € en espèces en franchise de droits : je vous confirme son existence et ses conditions exactes au moment de notre échange, car ce type de mesure évolue souvent d’une loi de finances à l’autre.

👉 Anticiper sa propre transmission, même modestement, permet souvent d’alléger fortement la facture fiscale de vos enfants le moment venu.

7. D’autres leviers à connaître selon votre situation

Les solutions présentées ci-dessus sont les plus courantes, mais ce ne sont pas les seules possibles. Tout dépend de votre situation personnelle, de votre fiscalité et de vos besoins. Parmi les autres options que nous étudions parfois ensemble :

  • L’immobilier en direct : résidence secondaire, locatif nu ou meublé, location saisonnière ou longue durée. Plus de rendement potentiel, mais aussi plus de gestion et une fiscalité à bien anticiper selon le régime choisi
  • Le PEA (Plan d’Épargne en Actions) : pour investir en actions, avec une fiscalité avantageuse après 5 ans
  • Le compte-titres ordinaire (CTO) : sans plafond ni contrainte de durée, pour une liberté totale d’investissement
  • Le contrat de capitalisation : un fonctionnement proche de l’assurance vie, mais avec des atouts différents pour organiser une transmission de votre vivant
  • Certains produits de défiscalisation : selon votre niveau d’imposition, ils permettent parfois de réduire l’impôt en contrepartie d’un investissement ciblé

👉 Chacune de ces solutions répond à des besoins différents. C’est précisément pour ça qu’un premier échange est utile : identifier, parmi toutes ces options, celles qui correspondent réellement à votre situation.

8. Les erreurs que je vois le plus souvent

  • Agir dans la précipitation, parfois sous le coup de l’émotion
  • Tout concentrer sur un seul support, sans diversification
  • Choisir un placement avant de savoir à quoi il doit servir
  • Oublier la fiscalité, aussi bien à l’entrée qu’à la sortie

Conclusion

Il n’existe pas une seule bonne réponse, mais une combinaison adaptée à votre situation, votre horizon et vos projets. C’est tout le sens de mon métier : vous aider à transformer cette somme en quelque chose qui vous ressemble, plutôt que de la laisser dormir ou de la placer au hasard.

Vous avez récemment reçu, ou vous allez bientôt recevoir, une somme importante ? Parlons-en ensemble, sans engagement.

Laissez-moi vos coordonnées ci-dessous : je reviens vers vous rapidement pour un premier échange, sans engagement.


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